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 " Yeah but what if they're right? No offence but I'm thinking, some people are just born criminals."

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The Sons are watching you



↝ Avatar : Hugh Dancy
↝ Attentats : 51
↝ A emménagé le : 28/05/2015
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MessageSujet: " Yeah but what if they're right? No offence but I'm thinking, some people are just born criminals."   Lun 1 Juin - 23:48


Brandon Shane Reynolds
" TIME TAKES IT ALL WHETHER YOU WANT IT TO OR NOT, TIME TAKES IT ALL. TIME BARES IT AWAY, AND IN THE END THERE IS ONLY DARKNESS. SOMETIMES WE FIND OTHERS IN THAT DARKNESS, AND SOMETIMES WE LOSE THEM THERE AGAIN."

Prénom(s) & noms ♣ Brandon Shane Reynolds,  tout le monde l'appelle Bran ça va sans dire, il déteste le prénom Brandon et puis sincèrement, qui se ferait chier à l’appeler ainsi? Il ne se présente jamais comme ça. Date & lieu de naissance ♣ 23 AVRIL 1976 à Boston Âge ♣ 39 ans Statut social ♣ Ni riche ni pauvre, plutôt aisé mais on peut pas dire que ses sources de revenu aient leur place sur les feuilles d'impôts Situation maritale ♣ En couple, c'est presque officiel dis donc, y'a du progrès dans l'air apparemment Orientation sexuelle ♣ As gay as they come Métier ou études ♣ Magouilleur en tout genre c'est un métier ça? Même s'il s'est calmé ces derniers temps ça ne l'empêche pas de tremper dans des affaires pas nettes. En ce moment, il se contente juste de récolter de l'argent pour des fausses associations mais aussi de se faire passer pour le fils de Steve Jobs histoire qu'on investisse dans ses histoires. Croyez-le ou non, ça marche souvent. Ha oui, puis il joue avec le feu en se faisant passer pour le recruteur des Sons, les gens lui donnent du fric pour investir sur des nouveaux coups pour faire tout péter sauf qu'en fait c'est dans ses poches que ça va Avatar choisi ♣ Hugh Dancy Groupe choisi ♣ Believers Traits de caractère ♣ « Be the fabulous narcissist you are and do it for yourself. » , c'est sûrement ce que Mère Nature a soufflé dans l'oreille de Bran quand il a commencé à grandir ou sinon, on en serait pas là aujourd'hui, à réparer les pots cassés et à se dire que le meilleur est pour la suite. Non, vraiment, si un défaut le qualifie bien c'est chacun pour sa peau. Bien sûr, il fait des exceptions à cette règle, il n'est pas cruel mais bon, faire passer ses intérêts en premier c'est souvent ce qui l'intéresse et croyez-moi, il le fait plutôt bien. Quand il s'agit d'amasser un peu plus, de gagner quelque chose, il a toujours été inventif. En vérité, ce n'est pas l'intelligence qui lui manque, plutôt la motivation, comme un âne à qui on tend la carotte. Sans doute la raison pour laquelle il n'a jamais vraiment brillé à l'école, malgré un sacré potentiel. L'intérêt dans tout ça? A part des études longues et ennuyeuses? Non, vraiment, il ne le voyait pas. Loin d'être patient, Bran veut tout, tout de suite et maintenant, il déteste qu'on lui dise non et à vrai dire, si il vous arrive de prononcer ces trois petites lettres en sa présence, soyez sûr qu'il reviendra à la charge quoiqu'il arrive. Rarement résigné, il fonce un peu dans le tas, mais avec un maximum de préparation. Le calcul c'est sa tasse de thé. Il ne manipule pas spécialement les gens, mais il sait ce qu'il fait, par quel recoin passer pour éviter le pire et bien sûr, se sauver en premier. Il est sans doute le mec qui se place à côté de la sortie de secours si jamais la baraque explose si vous voyez ce que je veux dire. En gros, il est assez difficile de compter sur lui. Mais bon, n'allez pas croire qu'il est impossible à vivre, juste un peu indépendant, complètement imbuvable quand ça lui prend mais mis à part, il est en général charmant.
Il faut le dire, son naturel est d'attirer les ennuis en tout genre. Tout d'abord parce qu'il a un gros problème quand on lui dit ce qu'il doit faire. En gros, il a un esprit de contradiction qui tourne au symptôme chronique. Let me tell you something, ça le démange comme une piqure de moustique de faire exactement le contraire de ce qu'on lui conseille. Un peu dans le genre, si vous lui demandez d'aller à droite, il ira à gauche. Comme si son cerveau était monté à l'envers, pourtant aux dernières nouvelles, c'est loin d'être le cas. Très malin, pour monter des magouilles à cent francs pièces, il s'y connaît. Tout comme pour inventer mille et une histoire aux flics quand il se fait choper, oui ça s'avère pratique. Mis à part ça, Bran est quelqu'un de charmant, attachant même, il a ce petit sourire futile qui en fait craquer plus d'une et même plus d'un, cet espèce d'attraction magnétique, et malgré son caractère plutôt étrange, il faut le dire, ce mec plaît. Mais bon, après tout, pour être dans le crime, il faut savoir plaire ou on ne fait pas carrière, surtout quand on se faufile à travers les mailles du filet. Il a du mal à se poser, toujours besoin d'être en mouvement, supporte mal la critique et encore moins le contrôle. Pardessus tout, il a du mal à admettre qu'il a besoin des autres. Pas vraiment de sa faute, il ne parle presque plus à sa famille, son ex le déteste sûrement et tous les amis qu'il a sont complètement barrés comme lui, voir pires, ou ne sont que des dealers. Bref, c'est pas la joie. Tout ça pour dire que Bran est compliqué, certes, pas très fréquentable mais au moins, ça le rend intéressant, c'est l'essentiel, huh?
Crédits ♣ schizophrenic

En savoir un peu plus...
Des passions? A part s'attirer des ennuis? Bon okay, il en a quelques-unes mais ne les dévoilons pas toutes. Il a des centaines de bouquins, sans doute le truc qu'il achète le plus, même si son salaire c'est de l'argent sale. Tout ça pour dire qu'il les collectionne comme un espèce de taré qu'il est et franchement, si vous voulez lui faire plaisir, il suffit de lui en acheter un, il lit tout ce qui lui passe sous la main. C'est pas parce qu'on est un criminel qu'on n'a pas le droit d'être cultivé.
Autre chose à savoir? Il est klepto sur les bords mais bon rien de grave, quand il avait seize ans ça le conduisait souvent au poste et malgré le fait qu'il ait un peu arrêté, les mauvaises habitudes ne se perdent jamais. Bran a tendance à faire le pickpocket ou même à voler dans les rayons de supermarché. Pourquoi? Allez savoir, that's his thing. Chacun a des petites manies, non? Bon il en a plusieurs, bizarres et alors?
Il essaie d'arrêter de fumer environ tous les six mois, en général ça tient deux semaines et il reprend, il s'énerve souvent alors quand il n'arrive pas à avoir un truc pour se calmer, il devient dingue. Et franchement, il n'est pas prêt à prendre un Xanax. La clope, c'est plus facile.
Il est capable de vous trouver tout et n'importe quoi quand vous voulez. Faux papiers, faux permis et tout le bordel, il a des contacts dans pas mal de milieux alors vous savez, ça peut s'arranger quoiqu'il arrive avec Bran.
Se faire passer pour quelqu'un d'autre ça le fait rire alors s'inventer des prénoms aussi différents les uns que les autres et jouer avec sa gamme d'accent qui varie du canadien au type du fin fond de l'Arkansas en passant par le brésilien, il pourrait faire de la scène.
Que pensez vous des Sons of Liberty et ce qui se passe à Boston?
Il prend pas spécialement parti depuis qu'il a eu des problèmes on va dire alors il essaie plutôt de se faire discret mais bon c'est pas comme si Bran était du genre à passer une bonne occasion alors si jamais il peut se faire de la thune avec ça d'une manière quelconque, on peut dire qu'il essaiera? Enfin bref, il est pas tellement pour tuer des gens de toute manière donc on va dire qu'il a le cul entre deux chaises.  Justification du choix de groupe: 5 lignes minimum.Believers parce qu'il a quand même été complice donc bon, on peut l'affirmer comme un hater, non? Et puis, il a collaboré, prêt à collaborer encore même si pour le moment il s'en méfie et il essaie de changer un peu ses buts, avec difficulté certes mais quand même donc bon on verra ce que ça donne sur la longueur


Et toi derrière l'écran?
Prénom/Pseudo ♣ Angèle ou Stark Age ♣ 22 ans. Sexe ♣ Woman Comment as tu connu BTP♣ Je fus présente lors de sa création arf Ce que tu penses de BTP ♣ On est beaux tout plein   Un dernier mot ♣ GRAOU      

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MessageSujet: Re: " Yeah but what if they're right? No offence but I'm thinking, some people are just born criminals."   Mar 2 Juin - 0:05

"I think that we're all mentally ill. Those of us outside the asylums only hide it a little better - and maybe not all that much better after all"

And a piece of my story...


Boston, août 2006

On lui a pas dit combien de temps ça va prendre ou qui vient le voir à vrai dire. C'est pas une excuse pour pas être présentable, si? Le miroir craquelé lui renvoie un reflet qu'il n'apprécie guère. Les cernes sous les yeux, des crevasses ineffables, souvenirs des nuits d'insomnie qu'il passe. Après tout, c'est pas comme si il avait grand chose à foutre ici. Son cœur bat doucement, un peu éteint par l'ennui, il a bien essayé d'emprunter quelques livres mais faut pas rêver, il va pas se mettre à lire la Bible comme dans un film miteux racontant les débris de la vie d'un mec emprisonné. Quatre ans. Deux si il essaie de faire des efforts, même si ça n'a jamais été sa tasse de thé. Se prendre des coups de massue en pleine tête, faire ce dont il a envie sans que personne ne l'en empêche, c'est plus dans ses cordes. Il se mord les lèvres d'un air convaincu, jusqu'au sang, pour se prouver qu'il peut encore le faire, que ça ne fait pas aussi mal que ça. La mémoire lui revient en pleine gueule, un boomerang un peu pointu. Tant pis, ça passe quand on n'y pense pas trop fort... Mais ici, un peu dur de ne pas y réfléchir, de ne pas regarder les murs en imaginant une réalité infinie, sans limites, sans béton. Il aurait aimé que ça se passe différemment et chacun lui dira que c'est de sa faute, qu'il n'en a fait qu'à sa tête. Allez tous vous faire foutre. C'est ce qu'il répondra dans le tribunal imaginaire qu'il a refait pour l'occasion, le décor paraît tellement réel. L'incapacité à reconnaître des fautes, des brics à bracs qu'on a compté et réduit à cent à l'heure dans l'espoir de ne pas trop se péter les dents sur le mur d'en face. Merde, ça touche le fond cette fois. Il a envie de briser le miroir un peu plus, les fissures se font lentes, creusent l'espace, même ses yeux à lui paraissent plus vides et plus noirs qu'ils ne l'étaient auparavant. On n'est pas dans Oz, non, y'a moins d'action, moins de problèmes et puis, Mickey a tout fait pour lui éviter d'être une balance alors il devrait le remercier, c'est ça? Lui écrire une lettre pleine d'amour et tout le blabla. Ouais, dans ses rêves. Son problème c'est pas vraiment que Mick l'ait balancé, plutôt qu'il lui sorte des excuses bidons, du genre c'était pour toi. A d'autres, pas vrai? Il aurait pu lui dire de se casser ou quoique ce soit mais non, le mec a préféré choisir sa carrière, le message est plutôt clair selon Bran. Deux semaines sans le voir et il sent déjà la bile monter du fond de son crâne pour descendre jusque dans son ventre, l'envie de l'étrangler qui l'assène parfois. L'électricité statique qui passe entre eux l'a toujours rendu de dingue, de désir et de colère, il ne sait pas réellement mettre le doigt dessus, c'est plus compliqué qu'un paquet de mots lancés au hasard sur une feuille. Ça paraît con et pas sincère mais pourtant, c'est tout à fait ça.

- Bouge ton cul, Reynolds, ton visiteur attend.

Les couloirs lui paraissent interminables, il a envie de devenir agoraphobe, de se mettre à hurler pour ne pas toucher du doigt l'infime espoir qui l'assène de voir la tête de Mick derrière la vitre. Il aura beau cracher, hurler, griffer le plexiglas, ça ne changerait rien mais au moins ça lui ferait du bien, que l'autre sache à quel point il lui en veut. Qui a dit que c'était pas nécessaire de hurler un bon coup pour remettre tout en ordre? Si sa tête n'explose pas à l'instant, il sent que c'est tout son corps qui, en ébullition, va finir par attraper un flingue et tirer sur tout le monde. Il n'a jamais vraiment été impulsif pourtant mais ces dernières semaines, la sensation l'irrite comme un mauvais mal d'estomac. Le tout cesse cependant lorsqu'il arrive devant ce semblant de contact, de l'autre côté de la vitre, le sourire presque forcé de son frère l'accueille. Un soupir accompagne son mouvement pour s'asseoir. Il manquait plus que ça. Qu'est-ce qu'il fout là? Aucune idée. Bran lui a pourtant dit de ne pas se pointer mais après tout, il aurait dû être au courant que Dillon est aussi têtu que lui, non? Le téléphone lui glisse presque des mains dans un geste peu assuré qui ne lui ressemble pas, il est content de le voir au fond, pas besoin de larmes, il aurait besoin d'un semblant de contact au moins mais la foutue vitre l'en empêche.

- Qu'est-ce que tu viens foutre là? Si je me souviens bien, le vieux t'a dit que j'étais pas fréquentable.
-Et alors? Il t'a dit que j'étais plus fréquentable ou quoi? Te fous pas de ma gueule on sait tous que c'est pas le cas. Il aime juste se dire que c'est grâce à lui si j'ai mieux tourné.


Ses lèvres se tendent en un rictus, Dillon a raison, il le sait mais c'est plus fort que lui. Il se souvient très bien du regard que son père lui a lancé au tribunal. Furtif, presque inexistant, comme la moitié de sa vie en fait. Sa belle-mère lui répète sans cesse qu'il l'a bien cherché, qu'il a prit le mauvais côté de la pente tout seul, il est tombé dans le ravin et bam, son père a décidé d'abandonner. Ça leur arrive jamais vraiment de se remettre en question. Petits principes minables et autres, il a toujours aimé être le vilain petit canard. Même maintenant, il est bien content de ne pas retrouver la gueule de con de son père en face de la vitre, à lui répéter encore & encore qu'il devrait arrêter les conneries. Cette fois c'est la bonne, son. Ouais, à d'autres. Les souvenirs tâchent comme de l'encre sur les mains, les siens en particulier, les bonnes raclées en rentrant de l'école, les mauvaises notes qu'on ne fait pas exprès d'avoir et les week-ends passés à réviser des tables de multiplication en boucle, à lui faire exploser la rétine devant des chiffres n'ayant ni queue ni tête. Bien sûr, Dil ne connaît pas tout ça, il s'est barré avant que ça casse tout, le pensionnat et le reste. Pratiquement vécu la moitié de sa vie de l'autre côté de l'Atlantique depuis que leur mère a décidé de se barrer. Jamais eu à supporter la belle-mère insatiable, le père dingue et obsédé par la réussite. C'est pas de la jalousie, juste un coup du destin que Bran n'a même pas à lui pardonner... Il a toujours été le grand méchant loup, celui qui marche de travers, qui ne regarde pas droit devant lui, qui fait des doigts d'honneur aux gens qui passent et aux bons choix. C'est lui, merde, qu'est-ce qu'il y peut? Son père a eu beau essayer de le tordre dans tous les sens comme un bout de guimauve, rien à faire, sa peau semblable à son écorce mentale a résisté, reprenant la même forme concrète et décidée, un peu durcie par les ans mais toujours aussi résistante. Et le sourire en coin qui va avec, l'air de dire, it's not over yet, old man.

- T'es le bon côté de la famille, enfin il en fallait bien un.
- Arrête tes conneries. T'aurais pu faire mieux que ça.
- Mais c'était tellement plus facile de faire autrement...
- T'aurais pu faire mieux...


Son regard plein de reproches ne le fait pas flancher, il aimerait lui dire que everything's gonna be okay mais c'est pas le cas, let's face it. Il se mord les lèvres, évite ses yeux remplis de ce qu'il n'a pas envie de voir. Un jour viendra où il apprendra à ne pas se laisser berner, sans doute. Dillon est le seul membre important qui lui reste,... Un grand frère en carton qui n'a jamais été là mais qui essaie désormais. Allez savoir pourquoi. Jusqu'à ce qu'il se barre sur une autre surface abîmée du globe parce qu'il a la bougeotte en permanence. Bran est content qu'il soit là, au fond, ça mange pas de pain de l'avouer une ou deux fois. Mais let's face it, dans le pire des cas, il a pas besoin de lui ni d'une protection quelconque. Faut pas croire, c'est Bran le pion manquant, celui qui a mal tourné, celui dont on ne voulait pasà la base. Une aventure à la con quand ses parents étaient mariés, leur mère est allée voir ailleurs, histoire de bien faire les choses, elle est revenue enceinte et l'absence d'intimité entre les deux adultes a révélé le pot aux roses : Bran, le fils qui n'était pas de lui. Fils qu'il a choisi d'élever, en essayant d'être le bon père de famille bien pensant. Marrant hein? Pas si drôle que ça... Pour Dillon qui n'a pas compris, pour Bran qui n'a rien demandé, et pour sa mère qui a fini par se barrer quand Bran avait cinq ans, le laissant avec un type qui l'aimait pas, le reconnaissait pas de base. Belle histoire qui se prend dans les mailles du filet. Si sa belle-mère le détestait déjà en arrivant dans le tableau, les choses ont empiré à l'adolescence et puis, c'est pas comme si il avait quelqu'un chez qui se réfugier pour raconter ses malheurs. Portes closes, pas d'issue. On lui a fait assez voir pour qu'il comprenne où était sa place, alors franchement couper les ponts, ça veut dire ce que ça veut dire...

-Dil t'es pas obligé de me voir. Je croyais que tu devais retourner je sais pas où tfaçon. Une ong à la con ou j'en sais rien.
-Hey ta gueule mes ong sont très bien et mon petit frère est en taule faut bien que je m'occupe de ta pomme.


Le mec a du cran, faut l'avouer... Si leur côté frère pour toujours marche pas, parce qu'ils se connaissent à peine sur certains points, ça n'empêche qu'il essaie d'être là. Bran a du mal à discerner si c'est par pitié pour par sentiment sincère. On est jamais sûr, ça déconne à plein régime avec un type comme Dillon... On s'enfonce, on descend, de plus en plus bas jusqu'à ne plus vouloir remonter. Sans préavis, c'est juste comme ça right? Leurs regards se croisent, se comprennent, malgré la vitre épaisse qui les sépare. Le téléphone lui pèse lourd dans les mains, sa gorge se noue, il a du mal à sortir les mots qu'il faut. Le réconforter? Lui dire d'aller se faire foutre? Il sait pas vraiment quelle tactique adopter avec ce grand frère qu'il connaît peu mais qu'il peut pas s'empêcher de vouloir approcher, à petit pas. Il ne sait même pas sur quel pied danser, encore moins si il avait les chaussures et la chorégraphie adéquates pour comprendre la moindre infime particule aux relations humaines.

- Merci... D'être venu me voir.

La réponse qu'il obtient en retour c'est un doigt d'honneur bien placé qui le fait sourire. Ils sont peut-être pas parfaits ou même faits pour s'entendre mais c'est mieux que de croupir ici et à devenir dingue à force de fixer le mur. On verra où ça nous mène.



Boston, octobre 2008

Ses pas se font de plus en plus rapide au fur et à mesure qu'il approche de son but. Il ne sait pas ce qu'il attend, il n'est pas certain d'avoir envie de le découvrir. Il pourrait courir dans l'autre sens, se mettre à hurler et partir dans la direction opposée, pourtant ses jambes semblent animées d'une conscience propre, d'une liberté non soumise à son cerveau, un instinct direct qui retrouve des vieilles habitudes. Le sac pèse lourd sur son épaule bien qu'il ne contienne pas grand chose, des conneries qu'il avait en rentrant, qu'il reprend en partant. Ainsi va la vie, non? Il fouille dans ses poches sans ralentir le pas, trouve un paquet de clopes un peu usé, un briquet qui marche à peine mais peu importe, l'instant de liberté que lui procure cette première bouffée de cigarette est comparable à un orgasme du plus haut niveau. Il pousse un rire sonore, s'attire quelques regards, il s'en fout pas mal. Deux ans qu'il n'a pas foutu les pieds ici. Deux ans c'est long, sans pouvoir marcher où on veut, à l'allure précise qu'on a gardé d'un passé encore présent mais pourtant lointain. Son cœur commence à battre à la chamade malgré le peu d'efforts qu'il a fait. Sans doute l'excitation, l'appréhension. Il a envie de tout et de rien à la fois. D'un fast food, d'un bourrage de gueule fois mille, d'une fête, d'une piscine, des putes et du champagne pourquoi pas? Qui serait assez con pour le lui refuser? Il a des moyens pourtant, un peu de côté sans doute, pas assez pour survivre mais pour une pute cheap et une bouteille de champagne moisie, ça le ferait, c'est loin du rêve américain mais au moins, il touche du doigt un instant de grâce qu'il n'a pas connu depuis longtemps. Un sourire de con franchit ses lèvres, le premier sincère depuis un bout de temps, et ça fait du bien, même si pour le moment, il n'a personne avec qui le partager.

Bran marche encore un peu, ses pas lourds sur le ciment des rues, l'heure tardive n'est pas un problème, Boston est encore dans l'effervescence d'un vendredi soir. Personne ne sait qui il est, d'où il vient, après tout, il ne porte rien de marqué au fer rouge sur son front et si il était dingue, il arrêterait les gens dans la rue pour leur dire tout ça, raconter une parcelle de vie inconnue dans l'espace temps. Ouais, il est euphorique, sans avoir rien prit. Il ne pense pas que ça lui est déjà arrivé, et il ne sait pas pourquoi, maintenant, comme ça alors que sa vie semble mener vers une voie sans issue ou plutôt, une porte qui lui sera fermée dans la gueule si il n'est pas très chanceux. Pourtant, l'endroit semble le même, le chinois d'en bas n'a pas changé, il le reluque toujours d'un air bizarre comme il le faisait auparavant. Le code en bas aussi est toujours le même, pas besoin de sonner et de se faire remarquer, il monte les marches quatre à quatre sans vraiment réfléchir, sentant son cœur faire un bond de sa poitrine jusqu'à son cerveau, l’assommant sans le mettre à terre, il est décidé. Porte bleue, numéro 45. Si c'est pas le moment de vérité, Bran ne sait pas à quoi l'autre devrait ressembler. Plusieurs coups secs qu'il ne s'entend même pas frapper, comme si la mort ou une connerie du destin se tenait derrière l'autre porte. Il ne devrait pas être là, il se sent comme un enfant pris au piège quand ses parents rentrent et qu'il est sûr d'avoir fait une connerie, comme brûler le lino de la cuisine ou tuer le poisson rouge. Fuck sake, this was such a mistake.

- J'ai pas le temps pour... Bran?

Le souffle lui manque un peu, il a l'impression de rejouer une scène d'un film à la manque. Bien sûr, il ne pense pas qu'ils vont se tomber dans les bras en se susurrant des mots d'amour mais franchement, ce serait mieux que ça, le regard dur qu'il lui lance comme une accusation silencieuse. Merde à la fin, il veut quoi? Qu'il se mette à genoux? Plutôt crever. Lui non plus n'a rien fait pendant deux ans, il n'a pas levé le petit doigt comme un crevard alors qu'il l'a foutu là. Mais il ne lui a pas dit non plus de pas revenir en sortant alors here he is. Il lui en a voulu pendant mille ans mais à vrai dire, il ne savait pas trop chez qui se pointer en sortant de taule... Il aurait pu aller à l'hôtel, c''est pas une question de thunes, juste une envie trop pressante qui lui colle à la peau depuis qu'il connaît sa date de sortie. Peut-être même que Mick a eu vent de tout ça, il est pas venu le chercher ceci dit... C'est peut-être un signe, un mauvais ça aussi. Il espère que non, on touche du bois, on croise les doigts dans le dos, n'importe quoi, il a juste envie qu'il ne lui en veuille pas, même si ça ne dure qu'une nuit et que demain c'est reparti comme en quarante, à faire les quatre cents coups, qu'il le déteste dans la foulée, peu importe, juste un instant de répit c'est pas trop demandé.

-Hey, surprise huh? Je peux entrer ou merde? Me regarde pas comme ça.
-Y'a quelqu'un chez moi et puis... Jcroyais que t'aurais ailleurs où aller.
-Tu savais que je sortais alors?
-J'en ai entendu parler.


Le silence se fait, il sait que c'est pas bon signe, d'essayer de le rompre, il attend qu'il parle en premier, ne pas balancer toutes ses cartouches en même temps c'est pas la bonne méthode. Une grimace lui échappe en voyant le gars torse nu qui se pointe derrière Mick. Bordel de merde. Il tombe au bon moment hein? On peut pas dire que son cœur se brise en mille morceaux à ce moment-là, non, ils ont eu leur moment de connerie et puis de toute manière, c'est pas très compliqué pour lui d'enlever ses fringues et de le convaincre qu'il vaut mieux que ça. Mick ne dit toujours rien, se contente de planter ses yeux dans les siens, essayant de faire passer un message secret, comme un code dont eux seuls ont la clé or something like that. Bran se mord les lèvres, reprend le sourire qui se pointe au bout de ses lèvres. Il connaît trop Mick pour ne pas savoir qu'il va le laisser entrer, il lui dit non mais ça ne marchera pas, Bran est capable d'enfoncer la porte alors à quoi bon? Quelques minutes plus tard, le mec a remit son t-shirt et prit l'ascenseur en traitant Mick d'enfoiré. Le silence s'installe de nouveau, sans rien demander, il avance de quelques pas à l'intérieur de l'appart. Toujours le même. Déco de films, un peu de bordel, des photos aussi. Sa sœur, ses frères et tout le reste. Il semble reconnaître une d'eux, posée au loin derrière les autres, il n'est pas sûr et de toute manière, Mick va sans doute l'enlever discrètement une fois qu'il aura le dos tourné.

-T'es pas content de me voir alors? Je pensais que tu le serais, connard.
-Sérieux... T'as pas quelqu'un d'autre à aller faire chier? T'es sorti, merde. Y'a sûrement plein de cons à qui tu dois de la thune ou un truc de ce goût-là.
-Pas vraiment, non, je te rappelle que j'étais dans un business lucratif, enfin ça je crois que tu le sais.


La rancœur ne sonne même plus dans sa voix, il a essayé d'oublier, d'effacer l'ardoise tant bien que mal, même si certes, il ne cautionne pas mais après tout, aux grands maux les grands remèdes. La rage l'a consumé pendant plusieurs mois avant de s'en défaire aussi simplement qu'elle était venue. C'est le manque qui s'est installé ensuite, l'avoir dans la peau, sentir le creux de son cou le matin, le détester pour des petites manies à la con, l'engueuler pour être un connard sans cœur. Se bouffer la gueule pour des trucs sans importance, puis d'autres un peu plus graves. Ses conneries à lui, sa droiture à l'autre. Merde, ça aurait fait du bien, rien que de retrouver ça, de se sentir vivant, et non éteint comme une bougie cassée entre quatre murs, sa boîte de Pandore personnelle. Chacun le vivait comme il voulait. Sortir de là le rendait invincible, le replongeait dans un ailleurs qu'il avait oublié. Alors  ouais, il ne pouvait rien promettre de bien mais il était là, il avait ravalé sa fierté et était venu, comme un grand. Alors que Mick aille se faire foutre avec sa carapace blindée de mec qui s'en fout, he wasn't buying his shit.

-T'es vraiment trop con. T'as pas peur que jte remette en taule?
-Non, je crois même que ça m'excite tu vois? Haha.
-Ferme-la. Approche.


Mick veut le faire sonner comme un ordre, Bran en a conscience, mais au fond il sait que ça n'en est pas un, il le connaît trop, l'a pratiqué, a creusé un peu pour comprendre que le mec ne lui veut pas de mal, même si on dirait parfois. Il lui en veut encore à lui, il y a des angles ajourés, des pilules qui ne sont pas passées mais il est prêt à oublier tout ça, pour cette nuit au moins. On a le reste de la vie pour s'expliquer, c'est ce qu'il pense, lui. Mettre de côté, baisouiller un peu, se retrouver, c'est ce qui compte, ce dont il a besoin. Les mains de Mickey lui encerclent la taille un peu brutalement, comme si il n'était pas trop sûr de ce qu'il faisait ou qu'il ne voulait plus jamais le lâcher. Un rire nerveux échappe à Bran sans qu'il puisse le contrôler, leurs yeux ne se quittent pas et ça le flippe, trop de sincérité et de sentiments à la mords-moi-le-neuf qui prennent le dessus, même si ce n'est que quelques secondes, c'est déjà de trop pour eux. Alors il sent ses lèvres se plaquer avec force contre les siennes, l'envie de fusionner quelques secondes pour ne rien oublier, tout sentir avec une force qui désintègre un cosmos inexistant. Encore mieux que la clope qu'il a eu quelques instants auparavant. Il respire une odeur tannée de menthe, de tabac, de framboise aussi, tout ce qu'il aime dans les saveurs d'une bouche qui le rend dingue, lui fait perdre les sens, au propre et au figuré. C'est ça qu'il attend, depuis des mois, voir deux ans même. Il glisse ses mains le long de sa nuque, il en a besoin toujours plus près, sans concession. Après quelques secondes d'une espèce de lutte embarrassée, Mickey se détache, laissant leurs corps collés, ses lèvres effleurant les siennes, sa barbe lui laissant une sensation de picotement familière et agréable.

-Tu restes, ce soir. On verra ensuite.
-Okay. C'est toi qui m'as demandé, je vais pas dire non.


Et au moins, pour l'instant ça reste simple, il n'est pas tenté de rien. Demain est un autre jour.




Boston, juin 2013

Il est à peine conscient de ce qui se passe autour de lui, en fait il est pas sûr d'être réveillé à cent pour cent, mauvais rêve du matin et absence de lucidité au compteur. Savourer son café lui semble pourtant le premier plaisir de la journée, une petite habitude prise comme ça... Avant elle était aussi suivie d'un truc plus charnel avec Mickey à l'appui. Mais la roue a tourné, les chances sont passées. Ça n'empêche qu'il le verra sans doute ce soir au rendez-vous qu'ils prennent en silence depuis un moment... Et le regarder se battre là, dans une cave pourrie sous les néons qui vacillent, torse nu, l'air d'en avoir rien à foutre à part d'écraser la gueule des mecs en face, ça lui file la chair de poule. C'est à la fois malsain et séduisant sans qu'il pige trop pourquoi. L'excitation de la bataille, de ne pas savoir si Mickey va se retrouver le nez dans la poussière ou faire pleurer le dernier des cons sur terre en lui tordant le bras bien comme il faut. Bran attend, souffle coupé, paris tenus. Ça lui serre l'estomac parfois... Quand Mick prend un coup trop fort, qu'il est ko pendant plusieurs minutes. Et s'il lui arrive quelque chose, Bran se dit que cette fois, ce sera vraiment de sa faute, pas un connard à blâmer pour sa maladresse... Mais il essaie même pas de comprendre ce qui pousse son ex à se jeter dans l'arène comme un malvenu qui lutterait pour son morceau de pain, on a tous nos propres combats, nos démons à retirer et si ça doit se faire vite et mal, grand bien lui en fasse. Bran est là, les soirs où il vient, à s'efforcer de lui foutre des pansements sur la gueule, de l'antiseptique et des cachets pour éviter toute blessure superficielle. Faudrait pas que ce mec se retrouve à l'hôpital. Leur distance n'est pas franche,discrète tout au plus, pas de limites imposées. Bran veut pas pousser, c'est déjà bien, d'essayer en tout cas. Oui, c'est mieux que rien. La télé le sort de sa torpeur et des images de Mick qui se forme dans son esprit et qui, s'il fait pas gaffe à ses conneries, vont lui donner la trique dés le matin.

« Se revendiquant les Fils de la Liberté, ils ont laissé des messages sur les cadavres des descendants de révolutionnaires du XVIIIème siècle. Les cinq meurtres ont été commis à Roxbury en pleine nuit, personne n'a rien entendu et les événements nous amènent à penser... »

Il bloque sur l'écran pendant quelques secondes, son café chaud dans les mains. Toute image un peu sympa sortie de son esprit pour laisser place à autre chose. Un grand sentiment de vide, un froid dans l'estomac, une angoisse envahissante sans qu'il comprenne ni pourquoi ni comment. Bran se mord les lèvres, pose la tasse sur le comptoir, en renverse la moitié à côté sans y faire gaffe... Il a besoin d'un joint, tout de suite et maintenant. C'est pas possible hein? Non, c'est pas la même chose, pas le même truc sinon il serait au courant, il est trop malin pour se laisser embarquer dans ce genre de plans foireux. Mais comme on dit, ça n'arrive qu'aux autres, c'est bien la preuve que non... Il essaie de se rappeler de la conversation qu'il a eu avec le mec qu'est venu le voir au bar où il prend habituellement ses commandes. De tout en fait. De faux papiers, faux documents, faux permis... Renseignement en tout genre. C'est ce qu'on fait quand on a tous les contacts possibles et imaginables, qu'ils ne connaissent pas votre nom véritable et qu'au pire des cas, vous pouvez toujours organiser une petite entourloupe pour ne pas qu'on vous retrouve. L'endroit actuel c'est Rosie's House mais ça peut changer si ça se gâte. Ses affaires ont marché jusque-là, ça devrait pas le conduire au cimetière, pas pour tout de suite en tout cas. Mais dans le doute, il essaie de réfléchir,... Revenons-en au fait. A ce qui lui trotte dans le crâne à cause de l'extrait des infos... Le mec qu'est venu le voir, pas très clair, les cheveux blonds cendrés, le teint pâle... Pas l'air méchant ni rien, juste bizarre en fait. Bran se souvient de ses mots exacts, des noms qu'il lui a demandé. Bran se souvient aussi qu'il l'a envoyé se faire foutre au départ, jusqu'à ce que le mec lui montre une liasse de billets bien trop alléchante pour y renoncer à deux fois. Et certes, ça lui a demandé quelques risques, une bonne recherche de deux semaines mais il a fini par lui flanquer sa liste de noms. Une demande bizarre. Les descendants de révolutionnaires restants à Boston. Sachant que la plupart se sont faits la malle dans d'autres pays depuis belle lurette ou que la lignée s'est éteinte. Mais après tout, Bran a pas été trop regardant, il a déjà eu des demandes plus loufoques et puis, quand on y met le prix rien n'est impossible à ce qu'il paraît. Pourtant là, c'est différent, c'est du meurtre pur et dur, devant ses yeux... Un acte terroriste à la con et lui dans tout ça, il devient complice s'il suit bien la logique de l'affaire. Qu'est-ce que lui a dit le type déjà? « J'ai ton numéro, je pense que j'aurai besoin de toi. » Et ça le laisse dans quoi comme perspective...? Le dire à Mickey? Hors de question. Appeler au secours... Les infos? Personne ne le croirait. Avec marqué ex-taulard sur la gueule, il a jamais fait confiance aux autorités. Il attrape une clope, sa main tremble. Bordel... C'est quoi ce don qu'il a de se foutre dans les emmerdes jusqu'au cou?






Il a un haussement d'épaules, des lèvres qui se pincent, une indécision qui se pointe parce que Bran réagit comme ça. L'ultimatum est pas présent, juste une vérité franche, une quarantaine qui s'approche trop vite et des décisions qui se profilent. C'est marrant, non ? Les gens se posent plutôt ce genre de questions quand la vingtaine se pointe. Je vais faire quoi, aller où, poser mes bagages dans quelle ville, quel métier exercer ? Une carrière. Il en a jamais eu, du moins pas ce qui s'en approche. Il paraît que savoir prendre le portefeuille d'un type tout en l'engueulant pour avoir mal garé sa voiture c'est impossible de le foutre sur le cv. Dommage, ça permet aussi de connaître les gens, les observer un à un et savoir ce qu'ils font de leur vie, où ils vont, comment il réagissent. Bran est pas con, l'a jamais été, les études il aurait pu en faire mais la croix, il l'a dessinée lui-même, les opportunités il les a laissées tomber une à une. Claquant, frappant, hurlant, avec fierté. Non, j'ai pas besoin de ça, je suis pas ce type-là. Peur d'être enfermée dans une case, pris pour ce qu'il n'est pas.

-Tu regardes quoi dans le vide comme ça ? Parce que si tu te la joues penseur comme ça, ça va mal tourner, tu sais ?

La voix le sort de sa rêverie et il se retourne tout en sachant que Mickey le fixe, bras croisés, presque défensif. Du temps, ce dont ils ont besoin pour que chacun baisse sa garde et que le sérieux reprenne son chemin, l'avenir aussi. Des discussions ils en ont une des centaines, pas pire que celle de la dernière fois. Un mois auparavant et Bran presque de retour à la case départ, prison encore une fois. Il l'a échappée belle, une affaire de plus qui part à vau-l'eau, un type le dénonçant sur un trafic quelconque. Heureusement qu'il a toujours eu un avocat prenant son parti, le payant grassement pour le sortir du pétrin. Pourtant c'est passé à ça de l'uniforme orange qui lui sied pas si bien que ça. Et la leçon à tirer ? Il l'a au creux de la gorge, seulement il peut pas encore la partager avec Mick parce que c'est trop tôt pour parler de changement, d'une vie qui se bouleverse, se renverse en cascades. Réaliser qu'on est trop vieux pour ces conneries et qu'on va dans la mauvaise direction ? Bran croyait que ça lui arriverait jamais. Paroles en l'air et je-m'en-foutisme complet. La trouille, il la tient, la bousille du poing droit puis du gauche. Celle qu'il avait pas y'a six semaines, six mois ou encore dix ans. Première fois qu'il a été en prison, c'était la colère, rien de plus, le ressentiment et l'envie d'en découdre en sortant, de faire un doigt d'honneur à toutes les institutions. Il est pas du genre anarchiste mais il a jamais été très fan des autorités, faut croire que c'est un trait de caractère quand vous gagnez de l'argent illégalement. Ironie du sort qu'il se trouve branché à un flic, amoureux, quarante piges ou presque, en train de se demander comment faire pour que ça mène quelque part parce que la piste morte, il a pas envie qu'elle soit là, pas envie que Mick abandonne cette fois... Alors ils se sont fait des promesses, des embrassades à en perdre haleine, des souffles coupés par une émotion qu'on contrôle pas mais ça tique et Bran sait que ça suffit pas.

-Je t'emmerde. J'ai des grandes pensées. Parfois.
-Ha ouais ? Je suis à poil dans tes « pensées » ? Parce que sinon je vois pas l'intérêt.
-T'es déjà à poil maintenant, j'ai pas besoin d'imaginer, suffit que je tourne la tête et c'est bon, non ?
-Fais pas le malin, je peux aussi me rhabiller, non ?


Il se sent comme à quinze ans sans avoir jamais vécu le sentiment. C'est bizarre, non ? Un train de retard alluré par la présence de Mickey dans les parages, comme d'habitude en fait. De la tranquillité, c'est pas mal aussi. Il a apprit ça ces derniers mois entre eux. Il laisse sa main se balader le long de son dos, l'embrasse, d'une façon différente, pas pressée, juste là, présente. Après tout, ils habitent pas ensemble mais il passe trop de temps ici pour faire semblant et puis, ils sont sérieux, non ? No bullshit.

-Bon, on retourne au lit ou tu restes à penser là comme un dingue ?
-On dort ou pas ?
-Tu verras ?


Le reste se joue dans une espèce de chamaillerie débile et il oublie ses questionnements d'un jour, attache ses lèvres au mec qui l'a fait tenir jusque-là et qui lui donne envie de continuer vers un futur qu'il aurait même pas envisagé auparavant. Évoluer, c'est ce qu'on lui a toujours conseillé, non ?
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MessageSujet: Re: " Yeah but what if they're right? No offence but I'm thinking, some people are just born criminals."   Mer 10 Juin - 22:54



C'est tout ce que j'ai à dire. JOTEM
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MessageSujet: Re: " Yeah but what if they're right? No offence but I'm thinking, some people are just born criminals."   

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" Yeah but what if they're right? No offence but I'm thinking, some people are just born criminals."
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